Dans l’édition 2025 Nord-Pas-de-Calais du guide 1000 pattes, Julien Wierre et David Weizmann vous présentent leur activité de coaching. Les sachant kinés, on a fait appel à eux pour un focus de conseils sur la mobilité de la hanche. Un sujet qui fait écho à un autre article de ce guide consacré au conflit fémoro-acétabulaire.
« Quand on a un patient présentant une lombalgie, on va forcément regarder comment se présente sa hanche, souligne Julien. Le psoas-iliaque est souvent très raide et entraîne plein de compensations. En course à pied et dans nos séances de renforcement, on insiste beaucoup aussi là-dessus en tant que coachs. » Et en particulier sur la posture à adopter avant de s’engager dans les mouvements.
Julien et David, kinés et traileurs, ont une approche très différente des gars et filles un poil sportifs qui n’y connaissent rien en anatomie mais font fortune sur YouTube. Des « influenceurs » qui n’influencent que les influençables. Il ne suffit pas d’enchaîner quelques mouvements imités de compte en compte pour les rendre efficients.
« Déjà, ajoute David, il faut différencier la mobilité de la souplesse. La mobilité fait appel à la notion d’efficacité articulaire. La mobilité inclut le contrôle actif du mouvement. On parle de contrôle neuromoteur qui correspond à la capacité du système nerveux à coordonner les muscles pour générer des mouvements précis et efficaces. Encore une bonne raison d’inclure du renforcement musculaire chez le coureur à pied. » L’utilisation de charges (haltères, kettlebell… ) dans le travail de mobilité présente plusieurs avantages :
- Amélioration de la force active dans l’amplitude : La charge force les muscles à travailler dans des amplitudes plus grandes, ce qui renforce leur capacité à contrôler ces mouvements.
- Stimulation de l’adaptation articulaire et musculaire : Le stress mécanique généré par la charge aide les tendons, les muscles et les articulations à devenir plus robustes et résistants dans leurs amplitudes maximales.
- Renforcement des tissus conjonctifs : Les charges appliquées dans des amplitudes profondes stimulent la production de collagène, renforçant les tendons et les ligaments.
“Si on veut avoir une belle foulée, il faut une bonne mobilité de hanche”
« Si on veut avoir une belle foulée, un squat efficient…, il faut avoir une bonne mobilité de hanche. C’est aussi elle qui va améliorer l’économie de course recherchée par le traileur, en déchargeant toutes les autres articulations. La souplesse concerne les tissus mous (tendons, muscles et tissus conjonctifs). » « Et puis, reprend Julien, cette mobilité est importante en bio-mécanique dans la prévention des blessures. Une raideur de hanche va provoquer des adaptations et des compensations des autres articulations pour permettre la réalisation du geste sportif. Ainsi le risque de blessure augmente : lombalgies, tendinopathies, syndrome de l’essui glace, aponévrosite plantaire, syndrome fémoropatellaires, périostite, fracture de stress… »
La flexion, l’extension et les rotations efficaces de la hanche s’améliorent par une routine quotidienne de 15- 20’ associant divers exercices bien maîtrisés, intégrée au début d’une séance ou chez soi. C’est un temps à s’octroyer au calme, en pleine conscience. De toute évidence, faire appel à un kiné pour apprendre à les mettre en œuvre n’est pas un luxe. Après un bilan précis de vos déficits et de vos capacités, il pourra vous donner une routine d’exercices spécifiques et adaptés.
« Il faut intégrer des notions aussi importantes que la contraction des abdos avant tout mouvement de hanche, précise Julien. Si on ne gaine pas les abdos, on laisse partir les lombaires. La bonne posture passe aussi par la poitrine vers le haut et l’avant, les épaules vers le bas, le bassin rentré. » C’est à partir de ce moment, seulement, que la mobilité de la hanche, travaillée dans sa globalité, peut être intégrée dans un geste fonctionnel, celui de la course par exemple.








