Figure bien connue de l’athlétisme régional (ancien lanceur de poids de haut niveau, aujourd’hui entraîneur, préparateur physique à succès et marathonien), Eric Lepeuple a, en 25 ans chez Top Performance (Laventie et Saint-Quentin), analysé la foulée de milliers de coureurs. Pour chacun, il prend le temps d’expliquer la notion de préférences motrices. « Chacun d’entre nous est naturellement gaucher ou droitier. On a aussi une facilité vers l’avant ou vers l’arrière ce qui fait que nous avons une foulée naturelle dite aérienne ou terrienne. L’action du corps et des pieds étant différente, les besoins en chaussures sont très différents. »
« Un aérien est un peu plus raide au niveau des chevilles car il a besoin de rebondir sur le sol. Il est plus fort au niveau des mollets, des quadris et des lombaires. Il est tout le temps en extension. Un terrien est plus ancré dans le sol. Il est plus souple et plus fort en ischios, en abdos. Pour prendre une image, le terrien est plutôt crocodile alors que l’aérien, c’est un kangourou. » Si un terrien porte des chaussures créées pour les aériens, il risque de se
faire mal au dos et aux genoux.
Vers une foulée naturelle
Chaque coureur a des besoins différents mais Eric doit argumenter face aux envies de certains. Les sirènes du marketing et la peur des blessures les poussent à vouloir s’offrir la plus chère ou la toute dernière paire à la mode. « J’avoue que je ne comprends pas. Une paire à 120 € permet souvent de mieux percevoir le sol et d’avoir une foulée plus naturelle qu’une paire à 180 ou 200 €. Mais le marketing est très fort. Les marques paient des
athlètes pour faire rêver. »
On l’a compris : Eric n’est pas fan des chaussures très épaisses qui promettent un amorti maximum. « Comme les mains, les pieds sont riches en capteurs sensoriels. Si on les empêche de déchiffrer le sol, on les affaiblit et on s’expose aux blessures… Les coureurs ont peur des chocs. Mais ils se retrouvent avec des chaussures qui empêchent leurs pieds de réagir et de les informer s’ils courent mal. Courir avec trop d’épaisseur, c’est comme jouer du piano avec des gants de boxe. Ils frappent le sol encore plus fort et finissent par se blesser sans comprendre pourquoi. » Eric invite donc ses clients, comme ses athlètes, à choisir des modèles adaptés à leur profil. Il donne également très souvent des exercices en fonction des défauts de course qu’il constate pendant ses analyses de foulée. Des renforcements importants pour gagner en efficacité et pouvoir courir avec Top Performance encore de nombreuses années.
Cet article a été diffusé dans l’édition 2024 de 1000 pattes Nord-Pas-de-Calais









