Retour sur l’incroyable semaine vécue par de nombreux traileurs des Hauts-de-France engagés sur l’UTMB.
- Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB)
- Traces des Ducs de Savoie (TDS)
- Céline Finas, une perf majuscule
- Nicolas Vandenelsken est venu à pied… de Paris
- Jérôme Hadiuk : “Ce goût en altitude avait une toute autre saveur”
- Damien Poorteman : “Les terrils de Loos, parfaits pour préparer la TDS”
- Nicolas Boutoutaou : des hallucinations au bout de 48 heures
- Les finishers des Hauts-de-France :
- Courmayeur-Champex-Champonix (CCC)
- Martigny-Combe-Chamonix (MCC)
- Experience Trail Courmayeur (ETC)
Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB)
Mélanie Finas, un Top 20 qu’elle savourera

Dans la famille Finas, on demande Mélanie ! Moins de 48 heures après l’arrivée de Céline, sublime 3e femme de la TDS (lire ci-dessous), Mélanie, sa sœur cadette, a brillamment fini l’UTMB en 32h10’06”.
Allez, à froid, ce dimanche, la Lambrésienne de 31 ans ne savoure pas encore pleinement son top 20 de la catégorie (19e des 20-34 ans). “J’avais comme objectif Sub 30 heures au départ. Mais il y a pas mal de points positifs à retenir de cet UTMB. Déjà, je n’ai pas eu de problème de fatigue, contrairement à ce que j’ai vécu sur la Diag.” Elle avait fini 221e sur 1887 et 13e femme à La Réunion en 2022. “Je n’ai pas eu de problème de digestion. Globalement, j’ai pu en profiter, même si bien sûr, cela a été dur sur la fin”, constate aussi la Nordiste, aujourd’hui installée à Toulouse.
Mais, car il y a ce “mais” qui la contrarie encore un peu pour l’heure : “Il faut que je comprenne pourquoi je n’ai pas eu de puissance et d’énergie dès les premières montées. J’avais l’impression de ne pas avoir de force. Et ce n’est jamais revenu.” Sur la descente et le plat, elle a pu envoyer du lourd mais c’est donc probablement dans les montées, même si elle a été portée par une folle ambiance, qu’elle n’a pas tenu son objectif. Il lui a peut-être manqué une grosse course de prépa de longue distance comme elle a fait avec les Templiers (100 km, 4200 m D+) en 2023 avant la TransMartinique (134 km, 5000 m D+) deux mois plus tard.
Pour autant, la représentante de la Team Kiprun Trail peut être fière de son 2e “100 miles”, riche en retour d’expérience. Sûr que dans quelques heures, quelques jours, quelques semaines, Mélanie savourera l’exploit qu’elle a accompli ce week-end.
Place maintenant au repos… ou presque ! Déjà rentrée à Toulouse dimanche soir, l’ingénieure data scientist de Cap Gemini s’envolera pour le Brésil ce 2 septembre à 6 heures !

Gabriel Payen : merci papa, merci maman !



Ce mardi, deux jours après avoir bouclé l’UTMB en un peu moins de 37 heures, Gabriel Payen se remet doucement de sa course, à Chamonix, entre amis et en vacances, au pied d’un monstre qu’il n’a cessé de contourner en France, en Italie et en Suisse tout au long de cet interminable week-end si grisant. “Le corps va bien. J’ai surtout eu un problème au niveau du genou qui a gonflé à partir du 130e kilomètre. A partir de Champex, cela a été compliqué. J’ai été rassuré par le staff médical à l’arrivée qui a diagnostiqué une inflammation du tendon rotulien. C’était bien ce que je pensais. Pourtant, à Trient, je me suis posé la question de continuer ou d’arrêter. J’ai été pris par l’engouement et j’ai poussé la machine jusqu’à l’arrivée. Je me rapprochais de la fin, cela valait le coup d’aller jusqu’au bout. Je ne regrette pas de l’avoir fait même si l’arrivée s’est faite dans la douleur.” En témoigne son classement où il a reculé de quelques places dans chaque descente avant d’en regratter dans chaque montée.
Malgré tout, le Ch’ti gars de Fourmies peut être fier de son UTMB. Le voici finisher d’une course mythique qui n’a pas épargné les plus valeureux. Il s’est même payé le luxe de gagner plus de 300 places entre le vendredi soir et le dimanche matin. “Je pars à chaque fois le plus doucement possible sur les ultras, même si c’est compliqué sur une course comme celle-ci, car tout le monde est super excité et cela part à fond. “
Très à l’aise côté sommeil, Gabriel — Gaby pour les intimes — a pleinement savouré sa course, profitant pleinement des paysages “splendides” offerts pendant la journée dans la partie italienne de l’UTMB. Un environnement qu’il a découvert alors que le Nordiste connaissait plusieurs parties du parcours pour vivre depuis 4 ans à Lausanne où il est ingénieur dans le secteur de l’hydroélectrique.
Côté nutrition, tout s’est bien passé après avoir pris ses marques vis-à-vis de la boisson énergétique qui lui était proposée sur les ravitos. “A chaque fois après, j’avais le ventre noué. Cela m’a fait un peu peur. Et j’ai arrêté d’en prendre. Tout s’est alors bien passé. J’ai la chance d’avoir un estomac assez résistant. Mes parents avaient ramené de la purée de patate douce aux ravitos. J’ai aussi pris du riz, des crozets… J’ai eu tout le temps faim et je n’ai jamais arrêté de manger, ce qui fait que je n’ai jamais eu de grosse baisse d’énergie. Je suis donc resté tout le temps lucide alors que j’en ai vu divaguer, vomir...”
Le grand gaillard de 28 ans a donc pu compter sur ses parents pour l’aider sur les ravitos. “On a passé les vacances ensemble et ils ont assuré ensuite l’assistance sur l’UTMB, en m’apportant les sacs que j’avais préparés. Pour cela, ils ont pris la navette les amenant de point en point sur le parcours car les routes étaient bloquées. Ils ont fait tout le tour du massif comme cela. Cela a été une jolie aventure aussi pour eux.”
Papa et maman ont ainsi apporté des vêtements de rechange, de la nourriture, et même de quoi bien commencé la 2e journée, à mi-parcours, comme si de rien n’était avec lingettes pour se débarbouiller, petit-déjeuner, café, brosse à dents et dentifrice. Surtout, ils lui ont offert sourires et mots réconfortants. L’amour de parents bienveillants. Cette victoire — car être finisher d’un ulta-trail en est une —, c’est aussi celle de la famille Payen toute entière.
Rachel : “Les arbres devenaient des personnes”




Dépaysement complet en ce début de semaine pour Rachel Maartel, déjà de retour au travail à l’Hôpital Maritime de Zuydcoote où la Warhemoise officie en tant que diététicienne. Néanmoins, la jeune femme a la banane. « Quelques courbatures, c’est sûr, mais cela va étonnamment bien ! », s’amuse la finisher de l’UTMB en un peu plus de 43 heures.
Tous les ingrédients ont été mis pour que cette course soit la plus réussie possible.
Déjà, quand beaucoup de participants n’ont pas trouvé le sommeil vendredi, Rachel s’est fendue d’une petite sieste dans l’après-midi. De quoi l’amener en forme sur la ligne de départ.
Bien sûr, cet UTMB a été redoutable. « Clairement, j’avais sous-estimé la chose », rit-elle. Pourtant, elle avait ajouté du renforcement musculaire intensif en fréquentant la salle de crossfit de d’Armbouts-Cappel depuis un an. « Cela m’a carrément aidé pour supporter les montées et descentes. »
Ne pouvant assurer de longues séances hebdomadaires, elle a couru une heure tous les midis dans les dunes ou en forêt, et fréquenté chaque soir la salle de crossfit. Un rythme d’une grande intensité qui a porté ses fruits.
De part son métier, Rachel a bien géré la partie alimentation de ce long périple. « J’avais prévu dès le départ de me nourrir toutes les demi-heures. Après, cela a été plus espacé. Je suis hyper gourmande et j’avais faim, je me suis fait plaisir. Quand l’estomac commençait à saturer, j’en prenais moins et j’allais plus vers de la boisson iso, du Coca… Bref, j’ai écouté mon corps. Ce sont les descentes très rapides qui peuvent me faire mal au ventre. Mais sur un 100 miles, à mon allure, le tube digestif n’est pas tant sollicité que cela. »
Côté sommeil, Rachel a pu s’offrir, pendant la deuxième nuit, cinq siestes d’un quart d’heure au bord du chemin. Réveillée par l’alarme et la vibration de sa montre, « je repartais à chaque fois tellement plus fraîche ! » Et cela a été salutaire pour elle : « J’ai commencé à avoir des hallucinations pendant la 2e nuit. Les arbres et les rochers devenaient des personnes ou des drôles de choses. Je ne voulais pas me mettre en danger à flanc de montagne. Heureusement, j’ai pu mettre en place les siestes dans des petits coins tranquilles pas trop humides. » Mon but était de finir dans un bon état sans avoir la barrière horaire aux fesses. Mission réussie !
Ch’tis finishers
C’était la dernière grande course de cette semaine UTMB Mont-Blanc : l’UTMB, avec ses 176 km et 9915 m de D+. Une folie douce à laquelle ces Ch’tis ont participé. 2755 concurrents au départ et 1760 classés.
264e, 19e des 20-34 ans en 32h10’06” : Mélanie Finas
403e, 14e des 50-54 ans en 34h37’07”: Francis Launay
463e, 119e des 20-34 ans en 35h46’11” : Olivier Maria
525e, 132e des 20-34 ans en 36h41’54” : Gabriel Payen
892e, 199e des 40-44 ans en 40h39’21” : Quentin Desplechin
1022e, 3e des 55-59 ans en 41h41’10” : Sandrine Martel
1199e, 38e des 20-34 ans en 43h07’41” : Rachel Marteel
1230e, 267e des 40-44 ans en 43h25’55 : Xavier Chaussoy
1231e, 200e des 45-49 ans en 43h26’00” : Mathieu Lecocq
1379e, 229e des 45-49 ans en 44h20’48” : Benjamin Fameree
1399e, 231e des 45-49 ans en 44h28’24” : Stephen Henocq
1442e, 239e des 45-49 ans en 44h42’39” : Frédéric Copin
1597e, 263e des 20-34 ans en 45h31’53” : Alexandre Delval
Traces des Ducs de Savoie (TDS)
Céline Finas, une perf majuscule


© Photos : celle de gauche ©UTMB. Celle de droite : ©Kiprun.
“Je voulais faire un meilleur temps. Je ne m’attendais pas à cette place, elle a été la cerise sur le gâteau.” Céline Finas ambitionnait de grapiller du temps sur le chrono établi en 2022 sur cette TDS, redoutable avec ses 148 km et 9 300 m de D+ : 26h28’27”. Il lui avait permis de décrocher la 8e place chez les femmes. Déjà une sacrée perf.
Mission accomplie cette semaine. Et comment ! Sur un parcours jugé plus technique que ces dernières années par ceux que nous avons interrogés, la Lambrésienne de 39 ans — installée depuis novembre à Lausanne où elle mène une carrière d’actuaire dans une compagnie d’assurance — a non seulement signé un très beau 25h41’41”. Elle est aussi tout simplement montée sur le podium ! Une 3e place et une 1ère chez les 35-39 ans qui inspirent le respect. Et qui pourraient faire tourner les têtes. Mais ce n’est visiblement pas le genre de Céline, toute en retenue et en humilité. Un peu fatiguée aussi ce dimanche au téléphone, après avoir assuré l’assistance de Mélanie, sa sœur cadette, sur l’UTMB.
L’histoire de cette 3e place est assez singulère. “La TDS n’était pas planifiée au départ. Je devais faire en juillet le Verbier St Bernard by UTMB. Mais en raison des problèmes de météo, le 140 km a été ramené à 60. Pour moi, c’était dommage de ne pas faire cet un été. J’ai réussi à m’inscrire à la TDS à la dernière minute.” Sublime inspiration !
Assistée par son entraîneur, Philippe Propage, soutenue par ses proches, la membre de la Team Kiprun Trail a parfaitement géré sa course. Tout n’a pourtant pas été parfait côté nutrition. “A partir du Cormet de Roselend, au 66e kilomètre, j’avais des points de côté dès que je mangeais quelque chose. Je n’ai alors plus eu les sensations du début de la course. Cela a été un peu mieux pendant la nuit, sur la fin, mais cela a été un peu frustrant tout de même...” Pendant toute la seconde partie de course, Céline a donc mangé beaucoup moins et compensé par davantage de boissons énergétiques et de Coca. “J’ai senti sur la fin de course que je n’avais vraiment plus du tout d’énergie“, sourit-elle. Compensation réussie en tout cas. “J’ai avancé avec. Mais c’est aussi la chance d’être bien positionnée. Cela a donné de la motivation pour avancer malgré les petits pépins.“
Au niveau du sommeil, tout s’est par contre déroulé comme prévu. Seulement 18′ de pause repertoriées. “Je suis quelqu’un qui n’arrive pas à dormir facilement. Je n’ai d’ailleurs jamais essayé sur une course. Je pense que même 5′, je n’y arriverais pas. ” Y compris donc pendant les 31 h du Grand Raid des Pyrénées 2023 – Ultra 160 où elle a fini 1ère femme et 19e au scratch. “J’essaye donc de m’arrêter le moins longtemps possible car je pense que lorsque l’on s’arrête, c’est difficile de repartir. Je préfère manger en marchant.“
Depuis son arrivée dans la nuit de mercredi à jeudi, où elle n’avait pas spécialement envie de dormir, gagnée par la fatigue musculaire mêlée à une joie indescriptible, la Douaisienne n’a toujours pas retrouvé un rythme de sommeil normal. Et ce ne sont pas ces dernières nuits qui l’ont aidée en cela. Mais c’était voulu et pour la bonne cause : Céline a assisté sa sœur, Mélanie, sur l’UTMB. Et la frangine a fait fort : 264e, 19e des 20-34 ans en 32h10’06” !
Nicolas Vandenelsken est venu à pied… de Paris



Avant d’arrivée en Haute-Savoie, Nicolas, 32 ans, s’est offert un petit périple. Oh, trois fois rien rassurez-vous : le Marathon pour Tous des JO en 3h45, le 10 août, avant de rallier Chamonix… à pied.
Ce projet fou, c’est Sport 50, une éco-aventure portée par l’Institut du Sport Durable, une association dont le Lillois est encore pour quelques jours le directeur des Relations Extérieures et des Bénévoles avant de voler vers de nouveaux projets. De la Tour Eiffel à La Mer de Glace, le périple a été le support de rencontres menées avec des acteurs du sport dans le but d’anticiper les enjeux environnementaux et sociétaux que la pratique sportive s’apprête à connaitre d’ici à 2050.
Pour cela, Julia Harnie, traileuse semi-pro, et le garçon, originaire de Vieux-Condé, désormais installé à Lille, ont multiplié les rencontres, à raison d’une cinquantaine de kilomètres courus chaque jour, depuis le 11 août. Leur mission : faire remonter la réalité du terrain observée par une vingtaine d’acteurs, marquant ainsi le début d’une grande concertation nationale.
Un défi sportif qui n’effrayait pas Nicolas, qui a signé 110 marathons en 110 jours pour le climat en 2022 et auteur du record du GR34 en Bretagne. Les premières étapes ont été les plus compliquées. « Mais je suis arrivé sans douleur à Chamonix. Peut-être que j’aurais fait sur la TDS sans ces 845 km mais je ne suis même pas sûr, tant mon corps est habité à ce type d’effort », sourit celui qui s’est déjà éprouvé sur le 160 km du Trail des Pyramides Noires. Le dénivelé n’était pas comparable. Le test sur les 3300 m et 77 km de l’Ardennes Mégatrail a lui aussi été validé fin juin.
« Bon, la TDS, ça a été costaud. L’avantage, c’est que je ne réfléchis pas trop. J’y vais, j’avance. Ce qui n’était pas rassurant avant, c’est que tout le monde me disait que la TDS est plus difficile que l’UTMB. »
A l’issue d’un incroyable défi entamé le 10 août, le Nordiste a fini à une belle 262e en gérant parfaitement bien sa fatigue. « C’est cela qui m’avait permis de battre le record du GR34. Je n’ai pas besoin de dormir beaucoup. Sur la TDS, j’ai fait une micro-sieste de 7’ et je trouve que je me suis arrêté longtemps sur les ravitos. Julia ne s’est posée qu’une demi-heure en tout. »
S’il ne s’est pas fixé de prochain objectif, il va surtout travailler sur le film retraçant l’aventure « Sport 50 » pour sensibiliser aux enjeux environnementaux actuels et à venir.
Jérôme Hadiuk : “Ce goût en altitude avait une toute autre saveur”


De bonnes jambes au réveil. Juste quelques ampoules. Voici comment s’est réveillé Jérôme, avant de reprendre la route vers Méricourt (Pas-de-Calais) avec Christophe Delmotte, le Phalempinois, finisher héroïque en 42 heures après avoir galéré à s’alimenter. Les deux sont revenus chez eux des souvenirs plein la tête et le sentiment du travail bien fait.
D’autant que les conditions météorologiques ont été très différentes de l’an passé. Pas de neige mais de fortes chaleurs qui ont marqué les corps. Sur les 1875 traileurs au départ, seuls 1111 ont rejoint la ligne d’arrivée. « Heureusement qu’il y avait des petits passages d’eau pour rincer la casquette et boire car on a consommé énormément. »
Le parcours a aussi évolué. « Il a été carrément différent avec des sentiers pas utilisés depuis quelques années. Wouahhhh ! C’était très, très technique. Félicitations à tous les Ch’tis qui ont franchi la ligne d’arrivée ! » Ces descentes pas simples à gérer ont demandé énergie et concentration jusque dans les derniers kilomètres.
Le directeur du Trail des Pyramides Noires peut être fier de sa course, bouclée avec 4 heures de moins que l’an passé. « J’ai mieux gérer mes efforts. Et puis, dès le départ, je me suis dit que je n’allais pas dormir. L’année dernière, avec la neige, je m’étais permis de dormir. J’avais pris le temps, peut-être une demi-heure. Rien cette année. Mais je pense quand même que je me suis amélioré d’une année sur l’autre. Je suis content. Je me connais très, très bien au niveau du textile, de l’alimentation… »
Et cela lui a été très utile car côté nutrition, Jérôme regrette la monotonie des ravitaillements et l’absence de certains produits qu’il avait trouvés l’an passé. « On a été beaucoup à saturer au niveau de la bouffe. Et en plus, l’organisation est anti-plastique. Mais rien de tel qu’une Badoit, qu’une Saint-Yorre ou un Coca ! Juste après Bourg-Saint-Maurice, quelqu’un vendait du Coca à 5 € au sommet d’un col, en accompagnant cela de chips et Snickers offerts… Il y avait un business à prendre et il l’a pris. Je pense que l’on a été un sur deux à lui en acheter un. Je lui en ai pris deux. On a tous sauté sur l’occasion. Ce goût en altitude avait une toute autre saveur… » Il est conseillé de partir avec minimum 20 € sur soi. « Quand tu arrives dans les villages, tu peux payer avec une carte bleue. Pas là-haut, il faut prendre du cash avec soi. » Ce qui peut apparaître comme un détail n’en est pas un tant la course se joue sur des grandes bases et des détails. Et encore fois, Jérôme a bien géré sa TDS. Chapeau bas monsieur !
Jérôme se projette déjà sur la suite. On le retrouvera dès le 28 septembre sur le North Run Ultimate et le 5 octobre sur le Roubion-Nice (107 km, 4500 m D+).
Damien Poorteman : “Les terrils de Loos, parfaits pour préparer la TDS”

S’il avait connu l’aventure d’un premier 100 bornes l’an passé sur le Roubion-Nice, Damien n’avait pas encore une telle accumulation de dénivelé. Et ces Traces des Ducs de Savoie, cela a été une toute autre affaire que la course des Alpes-Maritimes ou encore Les Templiers. Pour autant, le triathlète (TC Weppes) s’en est très bien sorti.
« J’aime bien me lancer des défis. J’en cherchais un après l’Ironman de Nice. Le tirage au sort de l’UTMB ayant été négatif, je me suis inscrit sur la TDS. Je savais dans quoi je m’aventurais : un très, très gros morceau. Mais je n’arrivais pas à me rendre compte ce que cela faisait d’avaler quasiment 10 000 m de D+ sur une seule sortie. La barrière horaire de 44 heures me semblait pour autant tenable. Tenable mais difficile Surtout que plus on passe de temps sur le parcours, plus la fatigue se fait ressentir et cela devient une course différente que pour ceux qui la font en 20-25 heures. Je fais toujours le parallèle entre ceux qui font le marathon en 2h30 et en 5h30. » Et Damien sait de quoi il parle, il a fini le marathon en 4 heures pour sa première sur l’Ironman. Et cette année, le p’tit gars de Salomé a signé un très beau 3h06’52” au Marathon de Paris.
Pour la TDS, le web analyst de 30 ans le concède : « Je pense que la prépa a été négligée. J’ai passé les deux derniers mois à prendre conscience qu’il fallait que je me bouge et m’entraîne. Même si on ne se rend plus compte qu’avec le triathlon, on fait suffisamment d’efforts tout au long de l’année pour se lancer ensuite sur de tels défis. Tous les entraînements entrent dans une routine qui fait que l’on ne part pas de zéro. » Alors, il a intégré dans son emploi du temps de ministre une sortie hebdo aux terrils de Loos. « Et vraiment les terrils, c’est parfait pour une course très technique comme la TDS où l’on marche, où cela tape musculairement. Les terrils de Loos sont ultra raides. L’effort où l’on plante les bâtons devant soi et où l’on sent qu’il faut appuyer sur les jambes et les bras, c’est exactement cela que l’on retrouve sur la TDS. On prend vite du D+ mais par contre, cela entame. »
Pas de secret : l’alimentation sur une épreuve aussi longue joue un rôle déterminant. Après une grosse frayeur au 35e où il est passé au bouillon et au Coca et a dû limiter le solide, Damien a pu retrouver une alimentation normale pour savourer pleinement la course. « J’ai retrouvé du plaisir en prenant des Dragibus, des petites barres de céréales… avant de manger comme je voulais. »
Côté sommeil, les 37 heures ont là aussi été bien assimilées. « Quasiment pas de sommeil. Je m’étais dit que j’allais dormir un peu au 90e à Beaufort. Mais je suis arrivé dans un gymnase avec un brouhaha ambiant. Je me suis en plus retrouvé près de la porte de sortie avec un petit vent pas hyper agréable. J’ai fermé les yeux 15’ mais je n’arrivais pas à dormir. Autant repartir. » Repartir à la rencontre de tous ceux qui sont venus le soutenir tout au long du parcours. Tout juste s’est-il accordé quelques minutes de repos en pleine nuit et en plein air au Signal. « Là aussi juste un quart d’heure. Mais il faisait trop froid, je suis vite reparti. » Reparti vers l’arrivée, le bonheur, et de nouveau défis : l’Ironman des Sables d’Olonne, le marathon d’Ibiza et l’Enfer d’Artois en 2025 et pas mal de run and bike avec des potes pour maintenir la forme.
Nicolas Boutoutaou : des hallucinations au bout de 48 heures






A posteriori, Nicolas, 24 ans, se dit que la p’tite sieste de lundi aurait été la bienvenue. Car en n’arrivant que mercredi après-midi à Chamonix, le Nordiste a dû se farcir 48 heures d’affilée sans dormir. Un état de fatigue qui n’a pas été sans conséquence sur la fin de sa TDS.
Les difficultés ont pourtant débuté bien plus tôt, dès la veille. “La plus dur pour moi a été la partie de Bourg-Saint-Maurice à Beaufort.” 40 kilomètres et 3 300 mètres de dénivelé positif qui lui ont semblé interminables. “Mardi,de jour, on voyait le point que l’on voulait atteindre. Mais j’ai mis 12 heures à y arriver. Il faisait chaud et on ne voyait pas la fin des montées. Cela a été dur psychologiquement… J’ai même eu l’impression que le parcours avait été modifié !”
Le traileur de Boussières-sur-Sambre — de retour d’un an en Australie, où il a bouclé son premier 100 km (4400 m de D+) en 16 heures — a pourtant réussi à s’en sortir. Au mental. Dans un dédale de pierres et de racines, la dernière descente s’est faite au prix d’un effort sur lui-même peu commun. “J’ai eu des hallucinations. J’avais l’impression d’être bourré. L’équipe médicale m’a fait plusieurs tests. Rien d’inquiétant : les hallucinations étaient dues au manque de sommeil.” Et il a rallié l’arrivée, follement encouragé par sa copine, ses amis et une foule d’anonymes.
Six jours après l’arrivée, Nicolas a retrouvé des couleurs. Il se projette déjà sur son grand défi de 2025 : l’UTMB, s’il est tiré au sort bien sûr.
Les finishers des Hauts-de-France :
118e, 30e des 35-39 ans : Patrice Ringot
262e, 88e des 20-34 ans : Nicolas Vandenelsken
274e, 90e des 20-34 ans : Clément Leblond
344e, 42e des 45-49 ans : Grégory Hauw
360e, 66e des 40-44 ans : Jérôme Hadiuk
557e, 145e des 20-34 ans : Damien Poorteman
603e, 48e des 50-54 ans : Alban Hulin
591e, 86e des 45-49 ans : Christophe Castel
625e, 93e des 45-49 ans : Adilio Sanches
762e, 155e des 35-39 ans : François Fasquelle
822e, 192e des 20-34 ans : Nicolas Boutoutaou
870e, 166e des 35-39 ans : Alexis Bouchez
916e, 137e des 45-49 ans : Christophe Delmotte
1041e, 204e des 40-44 ans : Sébastien Trochain
1059e, 218e des 20-34 ans : Benoît Mory
1062e, 206e des 40-44 ans : Jean-Baptiste Verschaeve
Courmayeur-Champex-Champonix (CCC)
Ces Chtis ont fini la CCC. Mention spéciale à Charlène Caussanel, top 300 et 12e de sa catégorie.
299e, 12e des 40-44 ans en 17h20’52” : Charlène Caussanel
306e, 108e des 20-34 ans en 17h28’24” : Thibaut Valckenaere
373e, 124e des 20-34 ans en 18h04’54” : Antoine Dupret
768e, 140e des 40-44 ans en 21h31’20” : Thibault Quintard
1258, 50e des 50-59 ans : Christophe Bahri :
1363e, 223e des 35-39 ans : Johan Leclercq :
Martigny-Combe-Chamonix (MCC)
Avant d’intégrer le staff médical de l’UTMB, Laëtitia Delaplace, que vous avez peut-être découverte dans l’édition 2024 de 1000 pattes, a participé à la Martigny-Combe-Chamonix, la MCC et ses 40 km et 2350 m de D+. Elle a terminé 455e sur 1091 et 50e des 20-34 ans : https://live.utmb.world/fr/utmb/2024/runners/13786
Experience Trail Courmayeur (ETC)
Quelques jours après le Marathon Pour Tous, Marie-Bernadette Boubert s’est alignée sur l’ETC. Elle a pris la 976e place et la 8e des 60-64 ans.








