Il y a un truc qui ne tourne peut-être pas rond au niveau de votre hanche. Il porte une dénomination un peu barbare qu’il est bon de retenir : le conflit fémoro-acétabulaire. Car voici une pathologie qui passe trop souvent sous les radars du diagnostic et dont les conséquences se font ressentir sur le long terme. Une incidence sur le quotidien qui porte un nom bien plus simple à retenir : l’arthrose. Il existe cependant des signaux pour ne pas en arriver là.
« C’est un sujet assez peu connu et qui intéresse quasi exclusivement les sportifs », introduit le Dr Yannick Pinoit. Si le chirurgien de la Clinique du Sport et de Chirurgie Orthopédique de Marcq-en-Barœul en parle, c’est bien que les conséquences à long terme, bien au-delà de sa vie de compétiteur, sont pénibles. Et le mot est faible.
« Cette anomalie se passe dans l’articulation de la hanche. Elle est liée à une excroissance située sur le col du fémur qui vient entrer en conflit avec l’os du bassin. Quand il n’est pas pris en charge suffisamment tôt, ce conflit évolue vers des lésions du labrum, le ménisque de la hanche. »
Si ce chirurgien, d’ailleurs coureur averti — multiples marathons signés avec le maillot de l’US Marquette Athlétisme — tient à faire passer ce message, c’est qu’il y a « trop souvent une errance diagnostic qui conduit à une prise en charge trop tardive, déjà au stade l’arthrose. Et il n’y a parfois pas d’autre choix que la pose de prothèse de hanche ».
Le fait d’avoir des activités physiques, notamment avec un haut niveau de flexion et de rotation interne, entraîne par effet de traumatisme, d’abord l’existence d’une calcification avec un œdème, puis d’une bosse située sur la partie antérieure du col du fémur.
Les signes à prendre en compte
Cela concerne bien entendu les coureurs à pied. « Le nombre coureurs de mon club chez qui j’ai diagnostiqué un conflit fémoro-acétabulaire est relativement important, note-t-il. L’évolution est très progressive. Le message qu’il faut faire passer est que cette douleur de hanche se situe dans le pli de l’aine. » Autrement dit pour ceux qui ne sont pas fortiches en anatomie : à l’intérieur, ce qui peut sembler contre-intuitif. « Ceux » car cela concerne surtout les hommes. « La douleur de hanche qui doit attirer l’attention est souvent attribuée à la pubalgie, assez fréquente chez les coureurs. C’est la raison pour laquelle il y a souvent ce retard de diagnostic. »
Deuxième signe qui doit évoquer cette pathologique : l’enraidissement. « On commence à être gêné pour mettre les chaussettes, les chaussures…, et pour les triathlètes, à enjamber le vélo. Tout signe de douleur dans le pli de l’aine associé à une diminution de la flexion et de rotation interne doit alerter. » Cerise sur le gâteau indigeste : le Syndrome du pyramidal (dit aussi du piriforme), douleur au niveau des muscles fessiers. « C’est très souvent adaptatif. Il se passe quelques chose qui entraîne la contracture du piriforme et la douleur. » Ce syndrome associé à la perte de mobilité doit donc aussi alerté car la modification de la posture engendrée par le conflit fémoro-acétabulaire peut ne pas entraîner de douleur dans le pli de l’aine.
Le traitement
Si l’arthrose de hanche du sujet jeune a donc pour origine, le plus souvent, ce « fameux » conflit, le protocole à mettre en œuvre avant que cela n’évolue vers l’arthrose est aussi lui tout aussi connu : l’arthroscopie, puis la rééducation.
Et la prévention est aussi évidente aux yeux du Dr Pinoit et de François Bracquart, kiné de la CSCO : « la réalisation de postures d’étirement de mobilité articulaire et le gainage ». Si vous ne pratiquez pas encore le pilate, il n’est pas trop tard pour vous y mettre.








