Les montagnards ont leurs montagnes. Et nous, les terrils. On ne part pas réellement sur le même pied d’égalité dans notre prépa vers les objectifs estivaux en haute altitude. Et pourtant, malgré tout, chaque année, des Ch’tis et Flamands finissent les trails les plus difficiles de la planète. La preuve encore cet été avec Céline Dubreux, sur les 360 bornes de la traversée de l’Ecosse, et cette semaine avec les finishers l’UTMB. 1000 pattes est allé à leur rencontre.
MODE D’EMPLOI : il suffit de cliquer sur les liens internes dans la table des matières ci-dessous pour accéder directement aux portraits 😉
- ULTRA TRAIL DU MONT-BLANC – 173 km, 9700 m de D+
- TRACES DES DUCS DE SAVOIE (TDS) = 148 km, 9300 m de D+
- Les résultats
- Nicolas Geuze : « Le terril de Roost, c’est mon jardin »
- Julien Hache : « Une victoire collective, une leçon individuelle »
- Tony Vandenbussche, stratégies gagnantes
- Judith Bouchain, une vie rythmée parle caillou
- Anne Farley, le donut avant le plat de résistance
- Ambroise Senlis, la cinquantaine rugissante
- Thibault et Léa, ce duo qui n’en fait qu’un
- Arnaud Binetruy, pas de plaisir, pour une fois
- COURMAYEUR – CHAMPEX – CHAMONIX (CCC) = 100 km, 6100 m de D+
- EXPERIENCE TRAIL COURMAYEUR (ETC) = 15 km, 1200 m de D+
- ORSIERES-CHAMPEX-CHAMONIX (OCC) = 60 km, 3500 m de D+
- MARTIGNY-COMBE-CHAMONIX (MCC) = 40 km, 2350 m de D+
- YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) juniors = 15,1 km, 1194 m de D+
- YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) Cadettes = 7,1 km, 546 m de D+
- YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) Minimes = 3,5 km, 235 m de D+, en
ULTRA TRAIL DU MONT-BLANC – 173 km, 9700 m de D+
Les résultats
Finishers :
Dimitri Soltysiak, 28e, 7e des 35-39 ans en 22h04’25
Céline Finas, 117e, 3e des 40-44 ans en 25h23’56
Max Hellin, 425e, 43e des 45-49 ans en 32h25’47
Matthieu Serouart, 427e, 77e des 40-44 ans en 32h26’11
Aurélien Musy, 603e, 153e des 20-34 ans en 35h33’33
Nicolas Vraunat, 587e, 115e des 40-44 ans en 35h21’16
Arthur Depienne, 881e, 161e des 35-39 ans en 38h31’02
Mederic Langlet, 1026e, 221e des 20-34 ans en 39h53’16
Freddy Coine, 948e, 173e des 35-39 ans en 39h03’45
Pierre Hertault, 1026e, 221e des 30-34 ans, en 39h53’16
Jordan Farissier, 1274e, 211e des 35-39 ans en 42h34’58
Arnaud Caille, 1314e, 218 des 35-39 ans en 42h48’06
Olivier Bonef, 1500e, 301 des 40-44 ans en 44h23’19
Xavier Louvet, 1559e, 156e des 50-54 ans en 44h46’30
Benjamin Autricque, 1583e, 250e de sa cat. en 44h59’19
Abandon ou DNF : Malo Thomas, Florent Pataud, Olivier Péliks, Alexandre Prunelet, Arnaud Rousé, Raphael Dinaut, Jérôme Moinet
Dimitri Soltysiak, l’humilité des plus grands

Inutile de le cacher, on a — quasi — tous versé une p’tite larme en voyant Blandine L’Hirondel franchir en tête la ligne d’arrivée. L’icône du trail français a signé, samedi, la première victoire d’une Française sur l’UTMB depuis dix ans. L’une des plus héroïques tant elle a dû se battre avec elle-même sur ces 173 km. Tant on a ressenti au plus profond de notre chair sa peur et ses cris quand elle a chuté dans la dernière descente.
Cette clameur finale, un Dunkerquois de 36 ans l’a vécue intensément à 2 km de là, avec une vue imprenable sur Chamonix. D’ailleurs, elle et lui ont partagé une heure de course dans la montée du Val Ferret. « Inoubliable », sourit Dimitri, encore marqué par l’ambiance exceptionnelle de cet UTMB, au départ sur 20 km jusqu’à Saint-Gervais et à l’arrivée où l’attendaient Sarah, sa compagne, Norah, sa fille, ses parents et son parrain. « En terminant la course, j’ai tenu la tête entre mes mains. Rêve, réalité ? Je ne savais plus. C’était un moment que j’attendais depuis cinq ans. »
A la sortie du Covid, Dimitri tombe sur un reportage sur l’UTMB. « J’ai trouvé la course dingue, avec son dénivelé, sa distance, le temps pour la finir… 20 h d’effort, je trouvais ça fou. » Il est alors gardien de but en D2, avec ses potes footeux de Watten. Un héritage de son grand-père qui lui a acheté ses premiers gants. Et aussi bon était-il dans les cages, peut-être qu’il aurait été judicieux de le faire cavaler sur le pré ! « C’est vrai que je finissais dans les premiers aux tests de VMA », se souvient-il.
« Ce reportage a été un déclic. J’ai stoppé le foot. » Et pour son premier footing, il court 3 km.
Lors de son premier trail, à Seninghem, il finit les 14 km autour de la 10e place. Dans la foulée, il s’aligne sur le 33 km du GTN. Et termine 5e sur 516. Dimitri signe sa première victoire en 2023, sur le 55 km du NTMF. « Cela a été un élément déclencheur. » Une prise de conscience sur d’évidentes qualités physiologiques.
Depuis, il a toujours suivi un même fil conducteur : « prendre le temps de me découvrir, de découvrir mon corps et ses réactions ». Et c’est donc sans pression qu’il a débarqué à Chamonix cette semaine, quatre mois après avoir pris la 10e place sur le réputé 110 km de Madère. Comme d’habitude, il est parti « en mode loisir, sans me prendre la tête avec le classement » : « J’ai pris le temps de savourer du début à la fin. J’ai juste demandé à Courmayeur et Champex où je me situais. En arrivant à Cham’, je n’en avais aucune idée. J’imaginais top 40, peut-être top 30. » Il a signé une formidable 28e place. Au milieu des cadors de la discipline.
C’est avec cette mentalité qu’il a rivalisé avec les élites d’UTMB Index 900 sur l’archipel portugais. Et qu’il en a fait tout autant autour du Mont-Blanc. « J’ai peut-être la bonne stratégie pour évoluer dans le trail », dit-il, sûr d’une chose : « Le travail à l’entraînement paie. »
Ses plans d’entraînement sont proposés par Simon Beaucousin, un Nordiste vivant en Haute-Savoie. « On a un très bon feeling. Il sait que je suis rigoureux. Je sais qu’il peut adapter mes séances si nécessaire. Le corps n’a pas besoin d’avoir un volume élevé tout le temps. Dès que j’ai un pic de fatigue, on ajuste les entraînements. Le vélo me fait beaucoup de bien et m’aide à récupérer. »
Pour cet UTMB, Dimitri a tourné à 15h d’entraînement par semaine en moyenne, plutôt 20 sur la fin, avec un pic à 30 heures pendant lesquelles il a reconnu le parcours de l’UTMB.
Associant au moins 70 km de course à pied chaque semaine à du renforcement musculaire, du vélo…, le Flamand compense le manque de dénivelé dans le Nord par des séjours à la montagne et des mises en situation, dossard épinglé, qui lui servent à mieux appréhender la nutrition, la technique de course… C’est ainsi qu’il a beaucoup progressé en descente. « Je fais beaucoup de travail de proprioception. En descente, je travaille sur la respiration et analyse avec 3-4 mètres d’avance sur mes pieds. C’est un jeu où je suis de plus en plus à l’aise. »
Sur cette course, Dimitri et son coach avaient fixé plusieurs objectifs.
Objectif A : terminer.
Objectif B : finir en moins de 24 heures.
Objectif C : moins de 22h pour lui, et même moins de 21h30 pour le coach.
« Le pacing de départ n’a pas été forcément respecté. Avec l’engouement, je me suis vite retrouvé avec un peu d’avance par rapport à la vitesse visée. C’est pour cela que j’ai baissé de rythme à partir de Courmayeur. Difficile d’ailleurs de profiter de l’instant et de contrôler l’allure. » Son tempo a été dicté par les sensations et le cardio, avec toujours en tête la consigne du coach : garder du jus et de la lucidité pour la dernière partie et les descentes techniques afin d’éviter les chutes.
Côté alimentation, tout s’est aussi passé comme prévu ce week-end. « Principalement du gel. En assistance : maki, riz au lait, quelques bonbons, du chocolat. Des petits plaisirs… J’essaie d’avoir un panel très large car je ne sais pas de quoi j’aurai envie sur le moment. »
Et à chaque ravito, il a retrouvé celle qui est « essentielle » dans sa performance : Sarah, sa compagne à qui il va dire un grand oui en mairie, en juin prochain.
Celle qui comprend tout d’un regard, d’un sourire. « S’il y a un moment de bas, on vit avec mais on passe à autre chose. De toute façon, moi, je ne peux pas arriver de mauvaise humeur au ravito. C’est un travail de l’ombre pas drôle que d’attendre 3h30 du matin pour me filer deux flasques et m’aider à changer de tee-shirt. »
Celle avec qui il a rit et pleuré à l’arrivée.
Personne ne sait de quoi sera fait la suite pour Dimitri. Une chose est sûre : il ne va pas passer pro. « Une carrière sportive, ce n’est pas éternel. Je travaille dans une entreprise familiale de transport logistique. Sarah va d’ailleurs nous y rejoindre en septembre. » Les pieds sur terre, Dimitri va reprendre les chemins de l’entraînement. « Je vais continuer à faire ce que je sais faire avec mes qualités et la même envie. » On devrait le revoir, en 2027, sur le Trail Alsace by UTMB et peut-être la Saintélyon. Aux avant-postes. Avec le sourire. Avec l’humilité des plus grands.

Céline Finas, en pleine confiance

Qui a assuré ton assistance sur l’UTMB ?
Mélanie, ma sœur, et Niels, son copain. J’ai la chance de les avoir déjà eus plusieurs fois à mes côtés pour l’assistance sur des courses, donc on est maintenant très bien rodés ensemble !
Quels étaient tes objectifs initiaux ?
Mon objectif était avant tout de faire une course bien maîtrisée, sans erreur de gestion, et de réussir à prendre du plaisir le plus longtemps possible.
De ce fait, es-tu heureuse de ce Top 15 femmes et Top 3 dans ta catégorie ?
Oui, très contente ! Ce n’était clairement pas gagné au départ au vu de la densité du plateau. D’après l’UTMB Index, je devais être autour de la 60e place féminine sur le papier, donc terminer dans le Top 15 est une vraie satisfaction.
Je vois que tu as gagné 82 places et en perdu 63 entre Combal et Checrouit. Que s’est-il passé ?
Je pense que ça doit être lié à un problème de pointage, car il ne s’est rien passé de particulier sur cette portion et je n’ai vraiment pas le souvenir d’avoir été dépassée par 63 personnes entre le lac Combal et Checrouit.
Tu as gratté des places sans cesse à partir de samedi matin. Comment as-tu géré cette 2e partie de course d’un point de vue physique et nutritionnel ?
Je n’ai heureusement eu aucun souci nutritionnel. Entre les ravitaillements avec assistance, j’ai essentiellement pris des gels et des boissons énergétiques, et à Champex et Vallorcine j’ai ajouté un peu de solide, notamment de la purée de patate douce et du riz au lait.
Physiquement, j’ai commencé à avoir les quadris vraiment très douloureux assez tôt dans la course, donc j’ai dû ralentir. Mais j’ai été énormément portée par mon assistance de choc, les amis présents sur le parcours et la belle surprise de retrouver le soutien du Tous Azimut Douai, mon club de cœur du Nord. J’ai réussi à rester assez régulière et à moins ralentir que beaucoup de mes concurrentes, ce qui m’a permis de gagner progressivement des places dans la deuxième moitié de course.
Qu’as-tu mis en place de particulier ces derniers mois pour performer cette semaine ?
Après ma dernière course fin juin, le 90 km du Mont-Blanc, j’ai vraiment mis le focus sur l’UTMB. J’ai fait beaucoup de reconnaissances du parcours et des blocs d’entraînement spécifiques. J’ai aussi pris plusieurs jours de congé début août pour pouvoir enchaîner ces blocs tout en optimisant la récupération. Bien connaître le parcours m’a aussi beaucoup aidée à gérer mon allure le jour de la course.
Comment juges-tu globalement cette année ? As-tu d’autres dossards en vue ?
Je suis vraiment contente de mon année. Les petits pépins physiques de l’année dernière ont été résolus et j’ai ensuite pu vraiment enchaîner les entraînements et constater une progression au fil des mois. Les résultats obtenus cette année m’ont aussi donné confiance. Pour l’instant, je n’ai pas de dossard en vue pour la fin de l’année, donc je vais déjà profiter un peu et récupérer 😊
Après avoir coché la TDS, l’UTMB, la Diag, des courses te font-elles encore rêver ?
Oui, je suis très heureuse d’avoir pu vivre ces courses mythiques. Il y a encore énormément de belles courses qui me font rêver, mais je ne sais pas encore si j’ai envie de continuer à privilégier des ultras aussi longs. Ce sont des formats qui demandent énormément d’investissement, aussi bien dans la préparation que le jour de la course.
Te projettes-tu déjà vers 2027 ?
Pas encore, mais les idées ne vont pas tarder à venir 😊
Toujours installée à Lausanne où tu mènes une carrière d’actuaire dans une compagnie d’assurance ?
Oui, je travaille toujours à Lausanne. Ce n’est pas toujours évident de concilier le travail avec le volume d’entraînement que demande l’ultra, mais avec une bonne organisation et la confiance qui s’est installée au fil du temps avec mes responsables, j’arrive à trouver un bon équilibre entre les deux.
Toujours coachée par Philippe Propage ?
Oui, avec Philippe ! On ne change pas une équipe qui fonctionne très bien 😊



Nicolas Vraunat, la patience récompensée

Certains sont tirés au sort du premier coup. Nicolas Vraunat a dû, lui, se montrer patient pour enfin participer à l’UTMB. « J’ai été recalé au tirage au sort depuis 2020 », constate-t-il. Il était alors dans la forme de sa vie, faisant top 100 à la Diagonale des fous et montant sur le podium du 62 km du Trail de la Côte d’Opale, l’année précédente.
Depuis, le temps a fait son œuvre. Des enfants sont nés. Les priorités ont changé pour le superviseur en hygiène sécurité environnement et Laura, son épouse. Alors, cette semaine, Nicolas n’avait qu’une obsession : finir. Finir coûte que coûte. Le Marckois y est parfaitement parvenu, en un poil plus de 35 heures. « Je n’avais aucun objectif de temps. Et je n’ai jamais pensé à l’abandon. » Pas même quand il s’est retrouvé face à un mur alimentaire. « J’ai travaillé aux entrainements avec les produits Näak, le partenaire de la course. Mais là, cela n’est pas passé. La seule chose de solide qui est passée, c’est le bouillon au vermicelle, la pastèque et la banane pendant les ravitos. »
La première matinée n’a pas été idéale non plus. « A Courmayeur, en sortie de nuit, je me suis posé des questions. » La suite n’a été que bonheur. Que plénitude. « Que de plaisir ! C’est comme si cela avait été 100 km d’échauffement. Tout s’est débloqué. Le corps m’a dit « vas-y, pars ». J’ai voulu voir jusqu’où j’allais tenir. A Trient, j’ai su que ça allait le faire jusqu’au bout. Je me sentais tellement bien. » Un peu comme si le karma, qui l’avait fui depuis six ans, s’excusait du retard de livraison.
Rien n’est figé pour la suite : « Avec l’âge, je vois que je préfère les petites courses qui partent vers 4h-5h du matin, sur 100 km, où on ne passe pas toute une nuit entière dehors. Il y a tellement de beaux trails en France, aussi. Le choix se fera au feeling. J’irai avant tout pour me faire plaisir. » Ah, il y a bien une petite folie qui lui fait de l’œil : « J’aimerais bien faire le MIUT. On passerait une semaine de vacances à Madère en famille… Mais il faut que j’en parle avec ma femme ! » Elle est au courant maintenant, Nicolas.
Arthur Depienne, de l’Intérieur sport au bonheur extérieur

Petit portrait rapide : ton âge ? Tu vis dans quelle ville désormais ? Manager Director chez Interseal France, ça veut dire quoi en français 🙂 ?
J’ai 36 ans. J’habite à Marcq-en-Baroeul. Je suis directeur général de la société Interseal, une PME de 40 personnes à Féchain, spécialisée dans la conception et la fabrication de joints d’étanchéité industrielle.
Depuis quand cours-tu ?
J’ai toujours fait du sport (rugby pendant de nombreuses années, à Douai, ma ville) et je cours assidûment depuis 2022.
Depuis quand as-tu en tête cet UTMB ?
J’ai toujours suivi cette course. Elle m’a toujours intrigué. J’avais vu un Intérieur Sport sur Francois D’Haene tout jeune et j’ai continué à le suivre, puis Kylian, Thevenard… Donc, j’ai toujours eu un œil sur cette course un peu hors du commun.
Est-ce que Pierre avait déjà assuré ton assistance ? Qu’est-ce que cela t’a fait de partager ce moment avec ton frangin ?
On s’est rodé sur Godefroy de bouillon en juin sur format 100k. Et j’avais aussi ma femme et ma fille sur le ravito de Champex Lac. Ma femme m’avait déjà assisté sur le 100k Alsace UTMB l’année dernière.C’est super de partager ses moments avec eux car c’est vraiment en étant en adéquation tous ensemble dans la pratique, que celle-ci est belle. Seul on va vite, ensemble on va loin.
Qui t’a accueilli à l’arrivée ?
Mes 3 assistants de luxe : Aurélie, ma femme, ma fille (Capucine 8 ans, qui a d’ailleurs couru la mini TDS, 1,3km le mercredi !) et Pierre, mon frère.
Comment as-tu vécu les derniers km et l’arrivée ?
Pas mal d’émotions après Vallorcine quand j’ai compris que j’irai au bout. Après être passé par toutes les émotions, celle de la joie était vraiment appréciée !
Ta première pensée en terminant la course ?
J’ai pensé que c’était une réussite collective. J’ai couru certes, mais sans eux je ne serais jamais arrivé. Et il y a quand même rapidement un sentiment de fierté qui arrive !
Es-tu coaché ?
Ouiii ! Gabriel Dupont (Team Fuga) et on a un club : le Lille trail club. Le meilleur club du monde.
Quels étaient tes objectifs initiaux ?
Finir !!! Et après j’avais estimé entre 35 et 40 même si forcément je préférais l’option 35 😉 Mais 40 et même 45 ça m’allait aussi. J’étais vraiment humble face à la distance !
De ce fait, es-tu heureux de ton classement ?
Oui, je me battais uniquement contre moi-même !!! Mais je ne suis pas sûr d’avoir gagné 😂
Tu as pris des pauses de plus d’une heure à trois reprises. Tu avais programmé cela ? Tu as réussi à dormir ?
La première pause à Courmayeur n’était pas prévue aussi longue, mais j’ai passé une première nuit horrible en terme de sensation et je ne m’imaginais pas poursuivre. Donc il a fallu un long dialogue avec ma team mais aussi avec moi même pour repartir (et j’ai d’ailleurs eu un « up » monumental de 8h ou tout était incroyable Ensuite j’avais été conseillé par des amis qui ont de l’expérience de savoir prendre le temps sur les ravitos pour se ressourcer et repartir prêt à affronter la portion.
Qu’as-tu mis en place de particulier ces derniers mois pour performer cette semaine ?
Prépa adaptée autour de cette objectif, travail spé, renfo, etc. L’idée était de monter en puissance. J’ai d’ailleurs fait la reco du parcours en 4 étapes fin juillet. Puis des belles semaines de charges, mais tout était concocté par le boss Gab 😉
Comment as-tu géré ton alimentation ?
J’étais parti sur une stratégie que je travaille depuis longtemps 70 g de glucides par heure : mélange boisson, gel, compote, gaufre. Je l’ai plus ou moins suivie 😅. J’ai aussi pris du bouillon à tous les ravitos ! Et ma femme m’a forcé (a raison !) à manger du riz à Champex !
Qu’est-ce qui t’as le plus surpris sur cette course ?
L’ambiance au départ jusque St-Gervais, c’était digne d’une étape du tour dans les Alpes ! C’est presque perturbant.
Qu’as-tu appris sur toi-même pendant ces 38h31 ?
Que le corps est capable de tout ! Même au plus mal, le rebond arrivera. Mais surtout que j’ai une famille et des amis qui ont cru en moi et m’ont apporté leur soutien tout au long de mes downs. Sans eux, j’arrêtais ! Merci infiniment à eux !
Depuis deux ans, tu goûtes à tous les formats de course. Lequel te plaît le plaît le plus ?
Je voulais goûter à l’ultra, et j’aime les sensations qu’on ne trouve que dans ces efforts longs et difficile. Mais mon format préféré reste le court (10 à 40km) explosif, avec du fight devant !
Comment juges-tu globalement cette année ?
Globalement positif, chaque expérience est une pièce du puzzle. J’ai fait un joli podium (2) en début d’année puis je me suis blessé à l’ischio lors du NTMF42 qui était mon gros objectif de l’année, ça m’a déçu, mais j’ai découvert aussi une nouvelle façon de travailler (kiné, travail spé etc) et là je boucle l’Utmb donc c’est super.
As-tu d’autres dossards en vue ?
J’ai 2 dossards, un sur une course organisée par des copains en champagne (une backyard ou j’irai juste pour essayer de prendre le temps de la meilleure boucle 😅), puis le marathon de Lille, où j’irai juste pour le plaisir de courir un marathon chez moi !!! Trop content que cette course revienne. Un peu déçu de ne pas y aller en mode compét’ quand même, mais y participer sera déjà top !
Te projettes-tu déjà vers 2027 ?
Oui ! Je souhaite revenir sur les formats courts : trail D2B, NTMF25 et TCO25. Puis on verra ! Bon j’ai quand même le Chianti by UTMB en mars sur le format 70k 3000.

Malo Thomas dans le dur

Il y a des années, comme ça… Malo Thomas a mis le clignotant un peu avant Champex. Contraint et forcé. Après 125 bornes, le Lillois a lâché prise. « Ma troisième année consacrée à l’ultra n’aura pas été la meilleure. Mon corps me dit que je suis fatigué. J’ai foiré Madère d’où je sors avec une blessure. Je fais une grosse prépa derrière pour l’UTMB. Mais dès Les Contamines, j’ai vu que ça n’allait pas avec des douleurs musculaires jamais ressenties à ce point. J’ai voulu respecter mon plan de course, mais il n’était pas adapté à la forme du jour. J’ai refusé de jeter l’éponge aussi facilement. Alors, j’ai fait ce que je sais faire de mieux : serrer les dents, avancer et encaisser. Sauf que ce que je n’avais pas anticipé, c’est qu’un corps, quand on le pousse au rupteur, peut décider de tout envoyer valser. Dans la dernière bosse avant Champex-Lac, il a dit stop. Net. » Perte de force dans les jambes. Malaise. Secours. Arrivée en voiture à Champex. Fin de l’aventure. Frayeur. Désillusion. « Bref, un corps sans âme. En vrai, j’ai flippé un peu. Ce n’est pas la fin que j’avais imaginée. Mais parfois, la montagne te rappelle simplement que tu ne contrôles pas tout. Et aujourd’hui, il faut accepter ça. »
Après coup, Malo estime qu’il aurait « dû analyser davantage les sensations. Mais c’est hyper dur, l’UTMB. J’étais un peu dans le déni. Pourtant, je savais que cela n’allait pas. Je suis en bonne santé aujourd’hui, c’est le principal. »
Malo va bien se régénérer. Et revenir plus fort. « Je kiffe l’ultra, j’adore trop ça. On ne voit souvent que les stars dans les moments où ils réussissent. Mais ils connaissent des échecs, eux aussi. Je vais apprendre de mes erreurs. J’apprends déjà. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille. »
Olivier Peliks, le genou n’a pas tenu

« Mauvaise fin pour moi… J’étais blessé à partir du 30eme à un genou. J ai poussé au max pour aller voir le médecin au 82e. Mais impossible de reprendre ! Tellement déçu… Tout de même, j’ai cru, un moment, vivre un rêve éveillé ! Ce départ, cette foule, ces encouragements ! C’était vraiment incroyable. Pour le genour, c’est un syndrome patellaire (la rotule qui frotte sur le fémur). L’origine n’est pas connue pour le moment, mais je pense que le fait d’être parti très prudemment m’a fait “freiner” un peu trop dans les descentes. J’irai consulter en rentrant. »
TRACES DES DUCS DE SAVOIE (TDS) = 148 km, 9300 m de D+
Les résultats
Finishers :
Nicolas Geuze, 116e, 30e de sa catégorie, en 30h39’54”
Julien Hache, 147e, 57e de sa cat., en 32h18’31”
Tony Vandenbussche, 198e, 72e de sa cat., en 33h47’12”
Judith Bouchain, 259e, 7e de sa cat., en 35h15’16”
Frédéric Pau, 430e, 60e de sa cat., en 39h02’44
Maxime Duhamel, 489e, 83e des 35-39 ans en 39h01’36
Anne Farley, 626e, 7e de sa cat., 43h28’04
Ambroise Senlis, 652e, 66e de cat., en 43h51’38
Julien Common, 657e, 99e de sa cat., en 43h58’37
Arnaud Binetruy, 667e, 70e de sa cat., en 44h03’26
François Toulet, 669, 95 de sa cat., en 44h03’52
Thibault Hernu, 683e, 187e de sa cat., en 44h28’24
Tom Mercier, 710, 194e de sa cat., en 44h43’15
Léa Leblan, 709e, 32e de sa cat., en 44h41’31
Abandon ou hors délai : Julien Rataud, Jérôme Leroy,Eric Charlet, Olivier Chaumet, Stéphane Parisot, Lucien Loyer, Cyril Wadoux, Mathieu Fradin, Jean-Paul Marquette, Dany Chabe, Nicolas Hollevoet, Anthony Petithomme, Gabriel Dupont, Xavier Cordonnier
Nicolas Geuze : « Le terril de Roost, c’est mon jardin »

Déjà de retour au travail jeudi, Nicolas Geuze a eu le temps de savourer sa performance sur la route du retour vers le Nord. D’analyser ces quasi 30h40 qui ont mené, la veille, le tech support en installation de machine de radiothérapie aux portes du Top 100 de la TDS.
Le Faumontois de 37 ans espérait finir dans la tranche 30 – 35 heures. Mission réussie. « J’avais un peu regardé les temps et les classements de l’année dernière… » Expérimenté sur les formats longs (Madère et Diagonale des fous en 2024, par exemple), Nicolas a été fidèle à sa stratégie : « Je ne suis pas parti trop vite. Après, c’est toujours compliqué de se projeter sur de l’ultra. J’avais découpé la course en 3 parties, avec la première jusqu’à Bourg-St-Maurice et la deuxième jusqu’à Beaufort. J’avais vu que Bourg en 8 heures, cela faisait autour de la 800e place l’an passé. Ca me semblait gérable. »
Divine surprise en arrivant à Bourg-Saint-Maurice, 8h03 après le départ : il pointe à la 352e place !
« Ce qui a dû jouer, c’est la météo. On a eu 3 à 4 heures de pluie en continu et pas mal de vent. Il ne fallait pas être trop frileux et avoir un bon équipement. Je n’ai pas eu froid : je suis resté en short », s’amuse-t-il, avant de grimacer : « Mon pote Nico, de l’ESG Faumontoise était, lui, limite en hypothermie. » Celui-ci s’est arrêté là. DNF. Avec son épouse, il a ensuite été une aide mentale précieuse à Beaufort pour Nicolas.
Sur l’Ultra Tour de Beaufortain l’an passé, le Nordiste a identifié des parties communes avec la TDS. « J’espérais arriver à Beaufort avant la nuit. » Il a pu s’y poser quelques minutes dès 17h45.
« Temps qu’il faisait jour, je préférais avancer ! Je ne voulais pas dormir. » C’est après, aux Contamines, que Nicolas a connu un gros coup de moins bien. « L’impression de ne plus avancer. » Il souffle 20 minutes. Salutaire. Il va encore gagner 45 places jusqu’à l’arrivée, au petit matin, à Chamonix ! « Pour le coup, je pense que j’avais des super jambes à la fin, malgré une petite douleur à l’aine. »
Les entraînements sur les terrils du Bassin Minier ont payé. « Celui de Roost-Warendin, c’est mon jardin. Je suis aussi allé à Loos une fois par semaine. » De quoi lui permettre d’atteindre des pics hebdomadaires de 5 000 m de D+ !
La suite s’annonce plus calme. « Je n’ai rien d’autre de prévu… Ah si, je suis inscrit au marathon de Lille. J’ai envie d’aller chercher un temps mais aucune idée de ce que cela donnera, entre 3h et 3h30, j’espère. » Ca serait un super chrono pour le modeste traileur. Et pour 2027 ? « J’aimerais cocher un jour l’UTMB, un truc un peu mythique. Je vais tenter la loterie. Comme celle du 90 km du Mont-Blanc, d’ailleurs... »
Julien Hache : « Une victoire collective, une leçon individuelle »

« Il y a un an et quatre mois, je me lançais dans mon premier trail : le Radicatrail. Ce mercredi, je me lance sur l’un des trails les plus techniques d’Europe. Et autant la préparation de juillet fut magnifique, autant celle d’août fut tout l’inverse. Les doutes s’installent. Une douleur dans le dos, un tendon d’Achille fatigué…
Le jour J, la nuit n’est pas terrible. Réveillé à 7h00, impossible de faire une sieste… Je mets mes chaussures avec de bons crampons pour la pluie et des chaussettes imperméables, mais je ne me sens pas à l’aise. Je change mon plan : je partirai avec mon matériel de confiance plutôt que de m’en servir uniquement une fois la mauvaise météo passée. Le départ est lancé. La tête se vide. Le combat commence. On commence par une grosse ascension. OK, je l’ai travaillée, c’est mon domaine de prédilection. J’envoie.
Mais rien n’y fait : tellement de monde devant moi… J’ai compris. Je n’ai jamais vu un tel niveau général. En haut, je pointe à la 320ème place. Très bien. Je vais m’accrocher un peu et voir ce qu’il en est. Arête du Mont Favre (km 12) : 275ème (+45) Col des Chavannes (km 21) : 220ème (+55) Séez (km 47,5) : 209ème (+11) Bourg-Saint-Maurice (km 51) : 221ème (-12) Passeur de Pralognan (km 62) : 196ème (+25) Entre-Deux-Nants (km 77) : 161ème (+35) 80 km de maîtrise complète. Je récite ce pour quoi je me suis entraîné.
Avec les apprentissages du Verbier et du Monterosa, je suis sur des distances que je maîtrise et où je sais quand je dois faire mal. Une perte de places à Bourg-Saint-Maurice, au ravitaillement avec assistance, mais qui était parfaitement contrôlée : me changer suite à la météo et remettre les idées en place après une nuit déjà très exigeante physiquement. À partir de maintenant, je n’ai plus d’expérience.
Je pars à la découverte. Je n’ai jamais fait ça. Je vais commettre des erreurs qui vont m’heurter mentalement et peser sur le reste de la course. Mais une chose est sûre : j’irai au bout. Je pense au soutien indéfectible de ma grande amie et assistante de course, Isaline, venue de Normandie. Et à Gabriel, qui débarque pendant la nuit pour m’accompagner dans ce sacré chantier. À mes parents, ma sœur, mon beau-frère et mon neveu, venus m’encourager à certains passages proches de notre lieu de vacances. J
e pense aussi à tous ceux qui croient en moi et à tous ceux qui m’ont envoyé leur soutien par message pendant l’ensemble de la course. Me décevoir, je peux le tolérer. Par contre, décevoir des gens auxquels je tiens, des gens qui croient en moi… ça, c’est non. C’est l’une des choses les plus importantes pour moi. Alors j’irai au bout. J’ai deux jambes. Mais je me sens poussé par tous ceux qui me soutiennent. La montre vibre encore sous les messages d’encouragement. Et ça, qu’importe l’heure, c’est ce qui me rend invincible.
À partir de maintenant, je passe en mode survie. Règle d’or : aller au bout. J’ai compris que, juste en tenant, je pouvais assurer le Top 200, et j’avais accepté ce résultat. Les montées, je les ferai tranquillement pour ne pas brûler ce qu’il me reste d’énergie. Les descentes, plus doucement, avec des pas sûrs. Je sais que physiquement, j’ai encaissé, et je ne veux pas prendre le risque de me blesser. À l’arrivée à Beaufort, je tente de faire une sieste. 30 minutes de perdues. Trop bruyant. Je veux moins subir en descente, alors je vais voir si les kinés ont une solution. Un tape qui tiendra 200 mètres… Encore 30 minutes de perdues.
L’arrêt à Beaufort est un désastre. J’ai voulu temporiser pour repartir sur de nouvelles bases. Je me retrouve finalement avec 18 places en moins et 1h15 de perdues inutilement. Beaufort : 179ème (-18) Hauteluce : 170ème (+9) Barrage de la Girotte : 163ème (+7) Signal S : 156ème (+7) Les Contamines : 154ème (+2) De Beaufort aux Contamines, que de la montée. Je tiens le cap. J’avance tranquillement mais sûrement. Je grappille quelques places. Je fais face à des soucis techniques. Je me lie avec des personnes qui abandonnent une par une et qui se font récupérer en hélicoptère. C’est dur, mais j’avance. J’en ai marre des ravitaillements. Toujours la même chose. Mon corps ne veut plus manger les mêmes aliments. J’arrive aux Contamines. Un ravitaillement XXL qui me fera le plus grand bien grâce à mon assistance : des pâtes, des Paris-Brest… Ça change, et ça passe bien ! J’essaie de me poser un petit peu. La tête commence à tourner. Les jambes se raidissent. Le verdict est clair : je dois directement repartir, sinon je ne pourrai plus le faire. Je suis 154ème et il reste une montée jusqu’aux Houches. Une dernière chance pour moi de faire la différence et d’aller chercher un Top 150. Les Houches : 146ème (+8) Aux Houches, j’ai fait cette différence, mais j’y ai laissé ce que je pensais être mes dernières plumes. J’ai besoin de souffler deux ou trois minutes.
Aux Houches, j’ai fait cette différence, mais j’y ai laissé ce que je pensais être mes dernières plumes. J’ai besoin de souffler deux ou trois minutes. Mes adversaires, eux, ne s’arrêtent pas, car il reste 9 km de plat jusqu’à l’arrivée. Je perds deux places, mais peu importe. Je veux ce Top 150. J’arrive à 3 km de l’arrivée. Personne derrière. Bon. J’aurai fait la TDS et validé un Top 150. C’est bien. Et là, soudain, je tourne la tête. Deux grands gabarits. Belle foulée. Ils arrivent sur moi. Les calculs sont rapides. S’ils passent, je suis 151ème. Alors je pioche dans mes dernières ressources et j’essaie de montrer que j’en ai encore, pour les stopper dans leur chasse. Rien n’y fait. Ils me recollent. L’un d’eux me double. Pendant deux secondes, je me dis que cette fin de course est un cauchemar. Que ce n’est pas juste. Puis, deux secondes plus tard : « Julien, tu vas t’en vouloir pendant longtemps si, si proche du but, tu laisses filer ce Top 150. »
Alors l’ultime combat commence. Mes jambes sont extrêmement dégradées. La blessure est proche, je le sens. Dans les descentes et sur le plat, je n’allonge même plus la foulée. Je ne fais que des petits pas. Les jambes sont lourdes. Mais c’est parti. On réattaque. 13,5 km/h de moyenne sur les deux derniers kilomètres. Pas dingue, me direz-vous. Mais après 153 km et 9 700 m D+… croyez-moi, on a l’impression de faire le plus gros sprint de sa vie. Je double l’une des deux personnes. Me voilà 150ème. Et je ne craque pas jusqu’au bout, malgré l’étrange sensation d’avoir son souffle dans mon cou. Nous apprenons à l’arrivée que trois personnes ont abandonné sur cette portion et que nous étions, dans tous les cas, tous les trois dans le Top 150. Résultat : 147ème.
Mon résultat, mais aussi le résultat de tous ceux qui m’ont accompagné pendant la course, par leur présence physique, mais aussi par leurs encouragements et leurs messages. Vous étiez tellement nombreux. Vous m’avez tellement poussé. Merci. Le positif : Finir l’une des courses les plus techniques d’Europe. Finir mon premier 100 miles après seulement un an et quatre mois de course à pied. Faire un Top 150. Je pense que j’aurais pu faire encore beaucoup mieux. Mais cette année… J’ai enchaîné les courses dans tous les formats possibles et imaginables. J’ai engrangé de l’expérience dans les situations les plus complexes. J’ai augmenté drastiquement mon volume. J’ai vu ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Je sais précisément ce que je veux faire. Alors oui, pendant cette saison 2026, j’ai appris.
Pour cette fin d’année de running, je vais finir en me faisant pleinement plaisir. Sans me prendre la tête. Dans des courses que j’aime. Auprès de gens que j’aime Pour finir cette année difficile avec moins de pression. Relais à Pacy, Relais à l’UT3P, UT10B, Épopée Royale, Clécy, Trail du Château de Bizy seront au rendez-vous. Fin de saison : fin novembre. Cette année, j’ai pris une pluie de dossards. Pas super pour la performance, mais génial pour l’expérience. L’année prochaine, ce sera l’inverse. Avec l’expérience acquise, je viens pour tout rafler. Pour ne plus nourrir mes regrets. Il y aura moins de dossards. Mais croyez-moi… J’irai à chacune des courses pour faire TRÈS MAL. Les rendez-vous pour 2027 sont déjà pris. Aucune course entre fin novembre et début avril. Que de la prépa. Et si certains trouvaient que je me la donnais beaucoup déjà… Ce n’est que le début. J’ai encore plus faim que jamais. »
Tony Vandenbussche, stratégies gagnantes

Pendant près de 34 heures, Tony Vandenbusschea pleinement vécu sa TDS. « C’était un voyage, un belle aventure intérieure », se réjouit-il, encore empli d’émotions positives. Il n’est d’ailleurs plus tout à fait le même bonhomme depuis qu’il a pris le départ de cette course si exigeante.
Le Philippois de 33 ans, chargé d’affaires à la centrale EDF de Gravelines, cherchait avant tout à finir la course. Il a fait bien mieux en signant un Top 200 du classement général. « S’aventurer sur des trails de montagne est une épreuve supplémentaire pour nous, les Nordistes. Sur ce type de course interminable, ma stratégie a été de partir en économie, en gestion pour ne pas trop subir le 2e jour. » Ce qu’il a fait pour gagner des places tout au long de la course.
Et pourtant, rien n’a été simple. Tony n’oubliera jamais cet TDS « Des conditions dantesques avec les averses orageuses. Cela chutait énormément avant de rejoindre le col de Chavannes à cause de la boue sur les pierres. C’était atroce. Cela a été compliqué dès la première nuit de se dire qu’on était dans la partie sensée être la plus roulante. On y a laissé beaucoup d’énergie… », souffle le représentant de la Team Gravelines Trail.
Après avoir laissé passer l’orage, au propre comme au figuré, il a avancé sans relâche vers Beaufort. « Là, je me suis allongé. Trop de bruit, trop de chaud…, je n’ai pas pu dormir. Dans la remontée vers le Signal, j’ai eu besoin de dormir. Je me suis posé. Cela m’a fait du bien. » Et tout s’est mis en place jusque l’arrivée.
« Je suis suivi par un coach, Nicolas Muselet (North Summit North), que je remercie pour la prépa, sourit Tony, reconnaissant. Sur mes trails précédents, j’ai souvent été embêté côté alimentation. Maintenant, je me force à manger dès le départ et à manger toutes les 30’. Je varie les textures, avec du solide en début de course. Après, c’est essentiellement de la boisson iso et des gels. »
Si le 90 km du Mont Blanc l’a bien aidé à préparer la TDS, il sait aussi que tout le travail de renfo musculaire, « à poids de corps et à force max » et les week-ends chocs réalisés avec la bénédiction de son entourage lui ont été bénéfiques.
Cap à présent sur 2027. « Je pense renouveler mon expérience dans l’ultra. Et un dans l’année, c’est bien. Pour l’heure, j’ai besoin de digérer la TDS. Même si j’apprécie les formats de 60 km, j’ai envie de tenter le Grand Raid du Guillestrois-Queyras, sur le 105 km. Je tenterai aussi le tirage au sort de l’UTMB. Et pourquoi pas qu’un jour, je parcourrai les sentiers de l’île de la Réunion sur la Diagonale des Fous. »
Judith Bouchain, une vie rythmée parle caillou

C’était une première course de deux nuits pour Judith. Et cette longue balade autour du plus haut caillou d’Europe s’est déroulée comme dans un rêve. A 37 ans, la traileuse de Bucquoy a bouclé l’une des plus belles courses de sa vie, 7e des 35-39 ans de la TDS, en 35h15’16.
« Physiquement, je n’ai pas eu de bobos pendant la course. Il y a eu de la fatigue musculaire et cela a bien sûr piqué de partout dans les heures qui ont suivi. Mais la première nuit de récup a fait la différence », sourit-elle.
Ces deux nuits ont été particulières, avec une première passée sous les orages alpins. « C’était un peu l’Enfer d’Artois, mais en pire », rit-elle. Au global, « je n’ai pas eu sommeil, ni trop de coups de barre. Juste des petites somnolences sur la fin. J’ai arrêté le café 15 jours avant la course en espérant que sa reprise ait plus d’effet pendant la course. J’ai donc tourné aux petits cafés serrés, aux gommes caféinés et au coca pendant la course. » Judith a aussi eu le meilleur des boosters : les encouragements et les attentions de Rémy, son compagnon, et de Benjamin, leur pote. « Ils ont tous les deux été aux petits oignons. »
Judith redoutait que sa digestion la mette dans le rouge. « Cela ne se passe en général pas bien, même sur les petites distances en montagne. » Elle a changé de stratégie, en faisant le Tour du Mont Rose avec des copines : manger normalement. « J’ai lâché les gels et les boissons d’effort. Je suis restée sur du solide (jambon, fromage, pastèque…), un repas salé à la base vie de Beaufort avec crozet, eau, coca, pastilles de sel. Le game changer ! »
La géologue, responsable foncier des carrières chez Eiffage — « le caillou rythme ma vie » — est restée toute la course « dans des allures de gestion ». Ca a payé. « J’ai été surprise par la technicité du parcours. Je connaissais la réputation de la course mais il y avait quand même des passages où il a fallu poser les mains. Les chaînes n’étaient pas là pour décorer. La descente de Beaufort a tabassé… Mais j’ai toujours été dans le plaisir jusque dans les 20 derniers kilomètres. Mon corps ne voulait plus avancer. J’ai peut-être eu des petites hypoglycémies… » Judith a toutefois trouvé l’énergie nécessaire pour venir à bout des 150 bornes, grattant même quinze places au passage.
Sa fin d’année va être plus calme. Tout juste a-t-elle programmé une course de 15 km avec sa maman sur le Trail des Beaux-Monts dans l’Oise et le défi des Ducs de l’Artois.
« Pour 2027, moult perspectives s’ouvrent à moi. Je sais que mon corps est fait pour le long. J’aimerais bien aller sur la Restonica et peut-être tenter un autre UTMB ou l’Echappée Belle. Seule certitude : je participerai au 110 km de la VVX. Dans la région, il y aura aussi peut-être Trail du Chardon. » Et bien sûr, elle va continuer à prendre du plaisir sur le mur d’escalade de 7A Bapaume et dans les sorties du Club Alpin Français d’Arras où elle est initiatrice pour la section trail.
Anne Farley, le donut avant le plat de résistance

Mieux que quiconque, elle le sait : Anne a fait des erreurs cette semaine. Mais elle a terminé, en Haute-Savoie, son premier 100 Miles. La Calaisienne a trouvé les ressources nécessaires pour finir à une magnifique 7e place de la TDS chez les 50-54 ans.
Des ressources physiques, au préalable, avec une préparation optimisée par Stéphane Brogniart (Team Point Barre), comprenant bien plus de renforcement musculaire que d’habitude.
Des ressources mentales, surtout, pour la désormais lorraine d’adoption : « Le trail est un outil de développement personnel. Il vient m’aider à me développer dans la vie de tous les jours. » Elle n’oubliera jamais ce moment où son assistance lui a claqué un Babybel dans la bouche avant de lire un message du coach : « Ne donne pas raison à ceux qui veulent te voir chuter ». Je me suis rappelé pourquoi j’étais là… J’étais dans l’événement remarquable de l’année de mes 50 ans. » Le mental a fait le reste. « De ces 43 heures, j’ai appris que j’ai une très forte résilience. Je ne savais pas que j’avais cette capacité à rebondir, ces capacités physiques. »
Elle l’avait déjà montré au cours de chaque week-end choc dans les Vosges à enquiller du dénivelé. Et aussi en tournant dans une boucle autour de son ancien appartement, qui l’a amenée à courir 120 bornes en grande partie de nuit. Cette trace ronde, c’est « mon donut ».
« Je sais que je n’ai pas, à 50 ans, le corps pour performer. Mais j’y suis allée avec mon tempérament en ayant habitué le corps à de fortes agressions. » Alors oui, la manager en gestion du patrimoine dans une banque du CAC 40 aurait dû manger plus, et ce, dès la première nuit. « Cette nuit qui a tout changé… J’ai fini l’ascension du col des Chavannes avec la couverture de survie. Orages, bonnes draches… On a pris cher ! Je ne pensais alors pas à manger. » Elle estime aussi que le fait d’avoir été si proches des barrières horaires a eu une incidence sur son manque d’énergie général. « J’ai eu du mal à relancer. Je n’avais pas de jus. Il aurait fallu que je fasse des micro-siestes pour être plus fraîche. » Son assistance — Julien, son mari ; Romane, l’une de ses filles ; David, son frère… — a heureusement su la rebooster, tout comme les encouragements de sa « team cheerleaders ».
L’an prochain, Anne veut développer le off, oublier les barrières horaires. « J’aimerais bien monter dans les 2 ans un projet en Ecosse. J’aime marcher et courir seule dans la nature. Cette solitude et cette découverte de la nature me plaisent. Et je sais maintenant que les capacités mentales et physiques pour y arriver. »

Ambroise Senlis, la cinquantaine rugissante

Ca faisait dix ans qu’il n’avait pas pris le départ d’un 100 Miles. C’était l’UTCAM. 48h44 d’effort. C’était pour ses 40 ans. Pour ses 50, Ambroise Senlis a ciblé une autre folie : la TDS. Pour être éligible à l’inscription, il a fini le HOT du Père Noël, aux Herbiers, fin décembre. Peu après son inscription sur la TDS, il a ainsi participé à l’ARC 100, un autre 100 Miles, en Angleterre, en janvier dernier. 161 km et 5300 m de D+ au programme.
Il s’est donc lancé vendredi à l’assaut du monstre alpin. Rien ne l’a arrêté. Pas même « le temps de chiotte » de la première nuit : « La pluie ne pas m’a fait peur. »
« Mardi matin, on a envoyé 2000 m de D+ d’affilée. Ca calme… Ca s’est bien passé, analyse-t-il. Bien sauf le gros, gros doute du mardi soir. Je n’avançais pas dans les montées. J’ai appelé ma femme. Elle a appelé un copain. Il était à Beaufort. Il m’a attendu. Il m’a relancé. J’ai accepté d’être moins bon dans les montées et j’ai couru dans les descentes. »
Ambroise espérait finir en 40 heures. Il en a quasi ajouté quatre au compteur. L’essentiel était ailleurs. Désormais, il se voit bien participer à l’UTMB en 2027. Et bien sûr, avant cela, avec ses amis, il aura organisé l’UltraBaie. LA grande fête estivale du trail en baie de Somme.
Thibault et Léa, ce duo qui n’en fait qu’un

Cette année, Thibault et Léa ont décidé de courir chacun de leur côté. Le DNF de l’an passé sur la TDS a laissé des traces dans les esprits. Lundi soir, pour le match retour, ils sont partis main dans la main. Et arrivés avec quelques minutes d’écart seulement.

Enseignant en activités physiques adaptées, Thibault Hernu, 32 ans, avec un « objectif clair » en arrivant à Chamonix : « Je voulais prendre ma revanche par rapport à l’année dernière, je voulais aller au bout. » Et rien n’a été simple avec une première nuit difficile, passée en grande partie sous la pluie et dans le froid. « A Beaufort, j’ai pu dormir de 40’. J’ai pris le temps de me changer et de manger. Cela m’a fait du bien. Après cela, je me suis dit que cela allait le faire. » Et justement, côté estomac, le ch’ti gars d’Aix-Noulette a réussi à s’alimenter un peu tout au long de la course. « J’ai tourné avec les gels, de l’eau, de l’oasis, de la pastèque et un peu de pâtes. »
Soulagement et plaisir à l’arrivée pour Thibault qui aura beaucoup appris sur les formats longs sur cette course.

Moins d’un quart d’heure plus tard, il a accueilli sa chérie sur la ligne d’arrivée. Léa, kiné de 33 ans, a passé une drôle de course. « J’ai littéralement couru après les barrières. Cormet de Roselend, je la passe à 2’ près. Ma sœur, Chloé, faisait mon assistance, elle a été incroyable, parfaite du début à la fin. » La jumelle est venue la chercher dans le chemin avant la zone de contrôle. « Elle m’a dit : « Si tu tartines, tu peux le faire. » Elle m’a emmenée. On a réussi. Je ne voulais pas avoir de regrets. »

La Gittaz, c’est ensuite passé à 8’. Admirable de bout en bout, la Souchezoise a livré une bataille héroïque pour vaincre ses démons de l’an passé. Quitte à faire des siestes sauvages de 5’ avec son pancho de survie.
« Y avait rien de roulant. Que des sentiers techniques qui t’obligent à rester focus. J’ai fonctionné tronçon par tronçon d’une dizaine de kilomètres. » Et c’est ainsi qu’elle a avancé, heureuse aussi de pouvoir compter sur un système digestif discret. « Je peux manger ce que je veux ! Mon seul problème finalement, c’est que j’avais constamment faim. J’ai tourné aux gommes, aux gels, au faux jambon (je suis végétarienne), au taboulé et au bouillon-vermicelle. »
Léa sait qu’elle doit beaucoup à ses ajustements dans la préparation. « Je n’ai pas fait autant de terril que l’an passé. J’avais des douleurs tendineuses et ligamentaires l’année dernière. Je suis allé chercher les côtes assez raides près de chez moi que j’ai pu courir. J’ai fait du renfo, mais pas assez à mon goût, et beaucoup de dénivelé à vélo. J’avais envie de prendre ma revanche. Je m’en suis nourrie. Je suis arrivée plus forte mentalement. » Et c’est passé ainsi dans une ambiance de folie, avec le soutien des potes présents sur place et à distance.
Prochains rendez-vous pour Léa : le Chti’KV avec Thibault, à Loos-en-Gohelle, le 18 octobre, puis le marathon de Lille. « Je suis une insatiable », s’amuse la toujours souriante finisher de la TDS.
Arnaud Binetruy, pas de plaisir, pour une fois

Cette fois-ci, le plaisir n’a pas été au rendez-vous pour Arnaud Binetruy. Peut-être, le Valenciennois de 50 ans, coach sportif de profession, a-t-il laissé un peu trop du jus cette semaine en rencontrant les partenaires pour son site trailpro.fr. Un site pour lequel il teste tout type de produits de trail.
Celui qui fait au moins un 100 Miles ou un 100 Km chaque année n’a pas eu le smile cette semaine sur la TDS. « Je ne sais pas comment je peux l’expliquer mais je n’étais pas positif. La course a été très dure. Je n’ai pas réussi à trouver les parades positives habituelles. Je me suis vraiment battu. J’aurais pu m’arrêter 500 fois. C’est la première fois que je ressens ça sur un ultra. Je n’ai jamais eu autant de mal à enclencher, à profiter de la montagne. »
Il faut peut-être chercher les explications dans les premières heures de la course. Tout simplement. « Très vite, avec le froid, la grêle, cela m’a bloqué un peu l’estomac. Je n’ai eu aucune envie de manger pendant les 30 premières heures. » Pas d’aliment, pas de carburant. Pas de carburant, pas de plaisir.
« J’ai dormi dès que c’était nécessaire. Je sais que le sommeil est indispensable même si j’ai les barrières au cul. »
De cette aventure, partagée avec Richard, l’un ses meilleurs potes, et François Toulet, l’un des gars qu’il coache, il ne retient que le positif : Arnaud est un finisher de la TDS. « Cela va me donner encore plus de force pour les prochains événements », estime-t-il, conscient que sa perf individuelle n’aurait « pas été possible » sans ses proches : Hélène, ma femme ; Mélanie, la femme d’un copain ; Florian (Traileurs Flotteurs sur Youtube), un copain. « Quand on les voit, on se dit qu’ils sont venus pour moi, qu’on ne peut pas lâcher… On avance alors, pas après pas, pour garder le fil conducteur et ne pas lâcher. »
COURMAYEUR – CHAMPEX – CHAMONIX (CCC) = 100 km, 6100 m de D+
Finishers :
Arthur Boisleux, 296e, 108e de sa catégorie, en 17h10’11
Casimir Spriet, 656e, 139e de sa cat., en 21h01’49
François Dherbecourt, 685, 64e de sa cat., en 21h24’54
Xavier Carré, 999e, 119e de ca cat. en 24h20’50
Florent Gruart, 1050e, 137e de sa cat. en 24h45’21
Julien Lebrun, 1197e, 149e de sa cat en 25h51’00
Jérôme Levasseur, 1324e, 179e de sa cat. en 26h42’58
EXPERIENCE TRAIL COURMAYEUR (ETC) = 15 km, 1200 m de D+
Finishers :
Florian Maquet, 321e, 191e de sa catégorie
Philippe Roux, 557e, 280e de sa cat.
Romain Plouchart, 571e, 58e de sa cat.
Tom Collet, 1064e, 403e de sa cat.
Grégoire Nuttin, 871e, 82e de sa cat.
Aymeric Maillard, 1086e, 406e de sa cat.
Florentine Coquet, 1192e, 74e de sa cat.
Gauthier Gratpanche, 1236e, 426e de sa cat.
Julie Tison, 1266e, 286e de sa cat.
Ici, Julie :

ORSIERES-CHAMPEX-CHAMONIX (OCC) = 60 km, 3500 m de D+
Finishers :
Pauline Carré, 196e, 12e des 35-39 ans, en 7h51’34
Alexandre Cecak, 502e, 81e des 35-39 ans en 10h11’02.
Arnaud Chamillard : 1091e, 107 des 45-49 ans en 12h48’16
Dan Vigny : 1386, 148e des 45-49 ans, en 13h55’52

Pauline Janeczko : 1466e, 87e des 35-39 ans, en 14h13’08
Abandon ou hors délai : Rémi Dupuis, Franck Messina
MARTIGNY-COMBE-CHAMONIX (MCC) = 40 km, 2350 m de D+
Finisher :
Jean-Luc Puthoste, 1293e, 26e des 65-69 ans, en 9h12’14
Abandon ou hors délai : Alexis Montois
YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) juniors = 15,1 km, 1194 m de D+
Léo Vaugrand, 118e, 88e de sa catégorie

Léo, 17 ans, de Noyelles-Godault, inscrit sous les couleurs de l’Association Coach Sport Santé, témoigne : « J’ai perdu énormément de temps à cause des crampes, que j’ai eues à partir du 5e km). Des crampes dues à un problème de nutrition à partir du 3e km. Il m’était impossible de m’hydrater et de me nourrir. Je vomissais tout ! La dernière montée m’a tué. Mes deux derniers km m’ont pris 22 minutes ! Impossible d’avancer. J’avais mes jambes qui courbaturaient constamment à chaque impact au sol. Heureusement que j’arrive à lâcher les 11e et 12e km en 3:43 min. Après, y a pas mal de différences avec le Nord : manque d’oxygène, chaleur, technicité du terrain. Je retourne m’entraîner pour le Trail de la Côte d’Opale pour essayer de faire un meilleur résultat comme j’ai l’habitude de faire sur un terrain plus proche de chez nous ! »
YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) Cadettes = 7,1 km, 546 m de D+
Léontine Coppenole, 76e, 9e de sa catégorie
YCC Cadettes, la revanche = 4,5 km, 227 m de D+
Léontine Coppenole, 34, 7e de sa catégorie
YOUTH CHAMONIX COURMAYEUR (YCC) Minimes = 3,5 km, 235 m de D+, en
Eva Legrand Duquesne, 40e, 7e de sa catégorie, en 25’42
YCC Minimes, la revanche = 4,5 km, 227 m de D+, en
Eva Legrand Duquesne, 24e, 3e de sa catégorie, en 25’36

7e de sa catégorie la veille sur le 3,5 km (235 m de D+), la représentante de USA Liévin Athlétisme et du Triathlon club Liévin a pris sa revanche ce 25 août, sur la 4,6 km (250 m D+). Et c’est d’autant plus dingue qu’Eva, 15 ans, n’avait jusqu’à cette semaine jamais participé à un moindre trail !
Et qu’elle apprend vite !!! “Hier, c’était mon premier trail. Je ne savais pas comment cela allait se dérouler. Je suis partie un peu trop vite. Les fille marchaient dès que ça montait fort. J’ai essayé de courir. Je me suis épuisée pour rien.” Aujourd’hui, Eva a bien mieux géré l’effort. Et ça a payé !
Une fierté pour elle et bien sûr pour sa famille, à ses côtés à Chamonix. « Ma maman avait déjà participé à la CCC. Elle voulait me faire ressentir les mêmes sensations. » Mission réussie et premier podium international pour Eva, seule Française du top 6, au milieu d’une Roumaine, d’une Belge, d’une Italienne, d’une Suissesse et de deux Espagnoles.
Eva va désormais retrouver le plaisir du bitume avec deux objectifs en tête : performer le 19 décembre lors de la grande finale des Championnats de France du 5 km à Paris et descendre sous les 18 minutes. Rien d’impossible pour la championne régionale du 2000 mètres.










